Australes

Compagnie. Le 21 avril 2014

Compagnie, compagnie, compagnie…

« L’homme est un animal de compagnie. » Je pensais être l’auteur de cette maxime mais je viens de trouver deux dérivatifs et un écrivain, singulier de discrétion: « Trop bête ou l’homme est un animal de compagnie comme un autre » de Louise Doutreligne . A écouter sur France Culture. « L’homme, cet animal de compagnie : Guide pratique pour femmes pratiques » de Nadège de Peganov.

Edward Bond. Auteur de « La compagnie des hommes » : “On m’a dit de ne pas sympathiser avec ces jeunes gens parce que leurs portables, ils les ont volés. Mais ils ne volent pas des portables, c’est leur humanité qu’ils volent. A notre époque, nous mesurons notre humanité à l’aune de ce genre de possession. Comment se peut-il que de l’humanité existe dans un portable? C’est pourtant ce que dit notre société.”

compagnie, rurutu, australes, Polynésie Française

Pointe Parari à Vitaria

Actuellement, « Ma seule compagnie consiste en une bande de rats qui font dans le grenier, au-dessus de ma tête, un tapage infernal, … Flaubert, Correspondance, 1867, p. 267. » A la différence de Flaubert, ma seule compagnie est celle des Hemidactylus frenatus, margouillats ou geckos et non une compagnie de rats. C’est beaucoup plus sympathique surtout quand ils passent de vos couverts à la boite de sucre en sautant dans les assiettes. Je discute souvent avec Roméo Montaigu qui ne voit Juliette Capulet qu’à travers la fenêtre, au dessus de l’évier. Mes seuls animaux de compagnie.

En parlant de compagnie : En compagnie de Téléphone : « Quelque-chose en toi ne tourne pas rond. » Album « Dure Limite ». 1982. En compagnie de Les Yeux Noirs : « Yiddishe Mame ». Album « Balamouk ». 2000. En compagnie de Giovani Battista Pergolesi : « Cujus animam gementem (cœur angoissé) ».N°2 : Aria (Soprano) Andante Ameroso. Album « Stabat Mater for soprano, alto, strings and organ » London Symphony Orchestra, Claudio Abbado. 1985. Margaret Marshall [Soprano] & Lucia Valentini-Terrani [Contralto], Leslie Pearson [Organo] En compagnie de William Sheller : « Un homme heureux ». Album « Olympiade ». 1995. En compagnie de Jean-Louis Murat : « Tant la vie demande à mourir ». Album « Lilith ». 2003. En compagnie de Neil Young : « Dreamin’ Man ». Album « Harvest Moon ». 1992. En compagnie de Norah Jones : « Butterflies » et « Come Away with me ». Album « Come Away with me ». 2002. Superbe chanson d’amour :

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coucher de soleil

Come away with me in the night Come away with me And I will write you a song

Come away with me on a bus Come away where they can’t tempt us With their lies

I want to walk with you On a cloudy day In fields where the yellow grass grows knee high So won’t you try to come

Come away with me and we’ll kiss On a mountaintop Come away with me And I’ll never stop loving you

And I want to wake up with the rain Falling on a tin roof While I’m safe there in your arms So all I ask is for you To come away with me in the night Come away with me.

Gabriel García Márquez, né le 6 mars 1927 à Aracataca est mort le 17 avril 2014 à Mexico, prophète du cerveau solitaire. A lire à ce sujet l’excellent article de Sébastien Bohler. « Avec Garcia Marquez s’éteint l’auteur du chef-d’œuvre Cent ans de solitude. Exploration de ce sentiment si étrange, si douloureux, du lien impossible à l’autre… Lorsqu’une personne se sent seule et rejetée, deux zones de son cerveau lui envoient des messages: l’une est un centre de la douleur physique et l’autre une zone de lutte contre la souffrance… La solitude fait mal, physiquement. ..La solitude active tellement les parties de notre cerveau qui souffrent lorsque nous sommes brûlés, coupés ou griffés, que le paracétamol, antidouleur le plus utilisé au monde, réduit le sentiment de solitude et apaise les zones du cerveau… Mais la littérature est magique: en lisant ce livre, on sent toute la présence d’un monde qui transforme le manque en beauté. »

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grotte anoa e’ao

Quelques vérités par G²M : (Je me permets cet élan d’intimité) Cent ans de solitude: « Le secret d’une bonne vieillesse n’était rien d’autre que la conclusion d’un pacte honorable avec la solitude. » « Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente. » Mémoire de mes putains tristes: « Nous sommes vieux, a-t-elle soupiré. L’ennui c’est qu’au-dedans on ne le sent pas, mais qu’au dehors tout le monde le voit. » « La morale est une affaire de temps. » Vivre pour la raconter: « Chaque chose sur laquelle se posait mon regard faisait naître en moi l’anxiété irrépressible d’écrire pour ne pas mourir. Ce n’était pas la première fois que cette émotion me gagnait, mais ce jour-là je l’associai au souffle de l’inspiration, ce mot abominable mais si juste qui détruit tout sur son passage pour arriver à ses fins. » « La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient. « L’amour au temps du choléra: « Mais il eut l’intime conviction que les êtres humains ne naissent pas une fois pour toutes à l’heure où leur mère leur donne le jour, mais que la vie les oblige de nouveau et bien souvent à accoucher d’eux-mêmes.» Voilà donc mon unique compagnie. Compagnie fidèle, bien dodue, langoureuse. Compagnie musicale, compagnie poétique, compagnie littéraire. Compagnie des souvenirs, remords ou rêves passés. Compagnie des projets sans compagnie. Ce jour de Pâques, qui tombe étonnement encore un lundi. Loin des œufs, du nid. Au milieu de l’océan. Sur un basalte ridé par les embruns.

compagnie, rurutu, australes, Polynésie FrançaiseIntrospection de celui qui est loin de toute compagnie. Volontairement. Tiré de Psychologie.com « Nous sommes tous un peu envieux de […] ceux qui savent être en tête à tête avec eux-mêmes et ne compter que sur eux, écrit le professeur Marcel Rufo, pédopsychiatre, dans Détache-moi (Anne Carrière, 2005). Dans une société de « l’hyper contact’, les solitaires suscitent notre admiration par leur faculté d’autonomie. Leur indépendance révèle une grande force de caractère, à condition qu’elle soit relayée par des moments de sociabilité. Dans le cas contraire, leur repli confine à la phobie sociale. Quand l’éducation n’a pas inculqué le goût du partage et de la découverte d’autrui, l’enfant développe un égoïsme qui peut se manifester par le retranchement. A terme, il risque de souffrir du syndrome de l’imposteur : chaque rencontre lui fait craindre d’être « démasqué », pour apparaître dans toute sa banalité et son isolement. Car d’après le psychiatre et psychothérapeute Frédéric Fanget, « personne ne peut se suffire à lui-même ». Ce ne sont que « des arguments rationnels que ces solitaires se cherchent, par refus d’admettre la vraie raison de leur retranchement : la peur des autres ».Evitement toujours, pour ces grands solitaires qui sont conscients de leur personnalité de dépendant affectif. « Eviter de créer des liens devient une façon d’échapper au risque de tomber en état de dépendance, indique Frédéric Fanget. Ce qui les angoisse, c’est l’idée de pouvoir perdre l’autre, auquel ils se seraient attachés. » Plutôt rester seul que de revivre la douleur d’une expérience antérieure Quelle que soit la raison de la peur des autres, elle donne le sentiment d’être la cible de tous les jugements lorsque le sujet est dans un groupe. Pour en finir avec ces inquiétudes, il est essentiel d’apprendre à se « décentrer » : S’intéresser davantage au monde, aux autres, poser des questions… Autrement dit, s’ouvrir, pour ne plus être focalisé uniquement sur sa propre personne. » Ça fait réfléchir. Et dire que j’en fais un blog. Et que je recompte régulièrement les abonnés. J’ai donc besoin de leur compagnie…De votre compagnie. Même si je donne le sentiment de vous fuir. Parfois ou souvent.

Avec le temps et La solitude. Léo Ferré : « Je suis d´un autre pays que le vôtre, d´une autre quartier, d´une autre solitude. Je m´invente aujourd´hui des chemins de traverse. Je ne suis plus de chez vous. J´attends des mutants. Biologiquement, je m´arrange avec l´idée que je me fais de la biologie : je pisse, j´éjacule, je pleure. Il est de toute première instance que nous façonnions nos idées comme s´il s´agissait d´objets manufacturés. Je suis prêt à vous procurer les moules. Mais… La solitude… La solitude… »

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chemin des citronniers

Pour rester avec Serge

Une réflexion au sujet de “Compagnie. Le 21 avril 2014

  1. Valérie

    Ohhh ! les superbes photos (oui je sais je radote, mais c’est pas ma faute). On dirait que l’on a mis de la couleur sur les vagues. Et un superbe coucher de soleil.
    Comme toujours entre vos récits et les photos, ça donne des envies de voyages.
    Ici, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. A part le vent (fichu vent).
    Biz
    Valérie (la fan de scrap et de VG)

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