Australes

7 décembre 2013: Fleur

7 décembre 2013: Fleur

 

samedi 7 décembre 2013 : Les Fleurs du mal

Charles Baudelaire (1821-1867)

Semper eadem

(Sonnet inclus dans la section « spleen et idéal » des Fleurs du mal)

« D’où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
Montant comme la mer sur le roc noir et nu? »
Quand notre cœur a fait une fois sa vendange
Vivre est un mal. C’est un secret de tous connu.

L’Idéal

(Sonnet inclus dans la section « spleen et idéal » des Fleurs du mal)

Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d’un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d’hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.

Ce qu’il faut à ce cœur profond comme un abîme,
C’est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d’Eschyle éclos au climat des autans;

Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes appas façonnés aux bouches des Titans!

Le Serpent qui danse

(Sonnet inclus dans la section « spleen et idéal » des Fleurs du mal)

Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon cœur!

De Plume 21

Mer et tempête

La mer a déchiré son ensemble turquoise
sous les assauts des vents musclés et turbulents,
elle se recouvre d’une robe d’ardoise
sous l’œil d’un horizon devenu insolent…

Houleuse elle s’enroule autour de ses grands flots
en cinglant le ciel de ses flèches écumeuses,
tout tourbillonne dans son ventre en lourds sanglots
elle combat la foudre telle une escrimeuse…

Déchaînée elle enferme le chant des sirènes
dans les embruns de ses remous devenus fous,
et la pluie qui tombe se meurt dans son arène
à se confondre aux larmes de ce monde flou…

Les éclairs ont peut-être brisé son miroir
et les nuages gris voilés son bleu visage,
la mer nous reviendra dans son plus beau peignoir
pour l’écouter revivre au cœur des coquillages…

 

En ce samedi de tempête et de rage, il fait du bien de s’évader avec des mots. Marcher dans sa tête, et non sous la pluie. Je suis parti ce matin avec le VTT de Gilles sur la route en béton qui va d’ Ahurei à Tukou en passant par Tepapa.

Vous allez maintenant pouvoir suivre. La carte s’améliore de jour en jour. Bien que la topographie soit correcte, tirée d’une carte dessinée vers les années 1920, j’ai quelques difficultés avec la toponymie. Les mots sont donnés en langue Rapanui, non en Tahitien. Inversion de certaines lettres dont le H. Quelques noms différents, coutumiers donc non transcrits. Je vous rappelle qu’il n’y a pas de cadastre sur Rapa iti.

Les Anarchistes. Leo Ferré

« Fils de rien ou bien fils de si peu »

A la fin du béton, après deux belles grimpettes, stop. Boue ++. Tee-shirt maculé. Cadre du vélo  dégoulinant. La pluie revient.

Au retour, je découvre un catamaran ancré dans la baie de Haurei. Il a du arriver cette nuit. Personne n’a encore découvert ses habitants. Peur d’une île cannibale ? Ici, c’est l’âme qui est engloutie. Pas le corps. Les fleurs du mal veillent.

« Ils ont un drapeau noir en berne sur l’espoir »

Je viens aider Gilles et les « fleurs du mal » qui préparent la fête de ce soir. Un de nos nombreux adieux de la semaine.

Et partout dans la rue

J’veux qu’on parle de moi

Que les filles soient nues

Qu’elles se jettent sur moi

Qu’elles m’admirent, qu’elles me tuent

Qu’elles s’arrachent ma vertu

Puis quand j’en aurai assez

De rester leur idole

Je remonterai sur scène

Comme dans les années folles

Je f’rai pleurer mes yeux

Je ferai mes adieux

Et puis l’année d’après

Je recommencerai

Et puis l’année d’après

Je recommencerai

Je me prostituerai

Pour la postérité

Alors je serai vieux

Et je pourrai crever

Je me chercherai un dieu

Pour tout me pardonner

J’veux mourir malheureux

Pour ne rien regretter

Daniel Balavoine : « Le chanteur »

On prend les bancs de la salle d’attente. Les bâches de la mairie. Les chaises de la maison d’Alix, qui est donc invitée. Elle devait aller à la pèche communautaire d’Area ce jour. Mais vues les vagues.

Nettoyage de la maison de Gilles. Les filles « fleur du mal » sont là. Œillades, bout de langue, décolletés pleins de promesses, sous-entendus, pour sourdingue. Comme les gouttes de pluie qui nous cernent. Je suis curieux de connaître leurs tanés.

Recharge de caisse de bière. Je conduis le 4×4 et retrouve de suite le chemin pour aller chercher les boissons, prohibées. Au grand étonnement de Gilles. Grâce à l’ambulance de Tubuai. A peu près le même gabarit.

Miss Tahiti devient dauphine à l’élection de Miss France. Sa famille est de Rapa Iti. Je ne vous dis pas le nombre de SMS envoyés pour l’élection. En fait le réseau est HS. Donc aucune voix…

Retour à la maison. Sieste oblige avant la fiesta de ce soir. Alix va préparer des pizzas maisons. Je vais me doucher.

Petite video sur la pluie. Pour une fois, mon appareil marche. Le film est correct. A voir sur Youtube.

Donc ce soir… Les Fleurs du Mal.

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