Australes

14 Janvier 2014: Pierre

Samedi 11 janvier 2014 : Pierre. Poisson et Saint.

 

Un jour, qui pourrait être la Saint Pierre!

«Vivant ou mort. C’est un choix, douloureux. » Saint Pierre

«Ça dépend de tes amis. » Judas

«T’y n’y crois pas ? » Saint Thomas

Alix, Sylvain et Anaïs sont là. J’en suis heureux. C’est bête d’avoir le zika à Tubuai, pendant les vacances. Mais on ne peut pas faire mieux. C’est juste à côté du dispensaire. Médocs servis à domicile, sur un plateau. Comme pour le ménage et les repas. Purutu, polynésienne, travaille pour moi pendant ces 4 jours. Travail ou ballade. Au choix. Pieds sous la table ensuite. Le paradis.

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Départ pour le motu avec Wilson comme guide. Une journée sur une île à se dorer au soleil, manger le poisson péché et faire du kayak. Poisson cru ou poisson cuit. Superbe organisation de Wilson, dont c’est le métier et quand tu ne peux pas tout faire c’est bien de se faire seconder par des pros. Donc ménage et ballade.

Pendant ce temps, nous, au travail.

D’emblée, douleurs thoraciques chez un grand-père. Pépé chez qui nous avons découvert une fibrillation auriculaire à rythme lent hier. Hypertension, diabète, tabagisme. Comme d’habitude. Mais sous anticoagulant à dose curative depuis. Et paf ! Ce matin, douleur thoracique. Electrocardiogramme, biologie, voies veineuses, calmant. Appel à l’USIC (unité de soins intensifs cardiologiques). Bien senti, probable douleur névralgique sur arthrose dorsale. On calme et il rentre à la maison. Repas tranquille à la maison. Je pense qu’Alix, Sylvain et leur fille se font plaisir.

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Repas, repos, café. Ça fait du bien de se poser. C’est le début du week-end. On va essayer de se la faire cool.

Julie. Appelée. On finit le café en parlant de…travail. Informatisation. Déjà évoquée dans ces pages.

« Viens vite, viens vite ! »

Ça sent la m.

Olivier se joint à moi. Plus on est de fous, plus on rit. Et là, on ne le savait pas encore. C’est le début du grand cirque. La parade des poissons pierres. Grand chantier. Au moins dix voitures devant le dispensaire. Deux gamins piqués par des poissons pierre. Saloperie de poisson qui se camouflent en fond de lagon et qui ressemblent à des pierres. Avec des aiguillons.

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J’arrive, une petite couchée sur le banc, qui hurle. Pas le banc, de poisson pierre, mais la gamine. Ça hurle = ça va. Première leçon de médecine de catastrophe. On shunte la blessée.

Salle d’urgence. 13 ans. Garçon. 4 à 5 piqures dans le pied ; Constantes cardiaques normales avec un cœur qui va très vite. La douleur ou la joie de nous voir tous réunis ?

Ça ronfle dans sa poitrine. Ça ne me plait pas. Cortisone à haute dose (120 mg de solumedrol mais 68 Kg, belle bête)

Appel au centre 15 pour décrire la situation. « Encore Tubuai ? »

Eau chaude. Xylocaïne, anesthésique, en injection locale. Le plus près des piqures. On va traiter les deux enfants en même temps.

La petite, qui hurle en salle 1. Le garçon qui ronfle en salle d’urgence.

Toutes les familles sont là. De 5, nous sommes passés à 10 puis 15 véhicules. Le spectacle devient grandiose. Pierre après pierre, les acteurs sont arrivés. Je rejoins donc mes petits poucets du moment. Julie court. Olivier aussi. Mais dans le même sens. Comme les lièvres sur un stade. Deux belles bêtes de concours. C’est un concours de rapidité, d’efficacité et d’initiatives personnelles. Une sorte de concours Lépine local, vu le matériel en particulier.

Pas d’eau au dispensaire. Une citerne inutilisable car je n’ai toujours pas trouvé la vanne magique. Celle qui permet à Super-Mario  de gagner des vies.

La petite est mise sous perfusion. Pied droit. Car impiquable sur les deux bras. Eau chaude à fond les ballons. Eau chaude que la famille va faire chez moi avec mes bouteilles de réserve car nous sommes toujours en restriction, donc coupure d’eau en cours. Fourmilière qui porte les seaux, les casseroles et autres ustensiles. Il faut un minimum de 45° pour avoir une certaine efficacité. Certaines publications conseillent 50°. Difficile à tenir quand on a déjà mal. Et de façon horrible.

premier cas de choc cardiotoxique par poisson pierre en Polynésie Française. Tubuai,Australes, Tuhaa pae

La fille râle, balance des réflexions. Un sens de la répartie +++

«Le but du jeu, c’est que t’ai plus mal.»

«T’appelles-ça un jeu?»

Bon, elle râle. Un peu comme Julie. Qui ne connait pas Bobby Lapointe et « La maman des poissons » Pierre. Juste Nadau. Pierre de son prénom ?

On peut la laisser aux mains de sa famille (la petite, je ne parle pas de la basque). Les mères, tantes, sœurs et cousines font couler de l’eau chaude sur les piqures du poisson pierre. Peut-on parler d’ardillon ? Pierre et non Thierry. Xylocaïne 3 cc en inter-métatarsien (entre nous, ça doit faire mal…).

Retour sur la salle d’urgence. Retour vers le futur. Compromis. Comme le mariage.

Ro… ronfle. Ro… a peur. Il n’est pas le seul, ça le rassure pas spécialement. Leçon n°2 de médecine de catastrophe : tu fais comme si tu savais. Depuis longtemps. La routine. Pas d’hésitation. La classe. 3 Docteurs House associés.

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Il a eu son solumerdol 120mg en IVD (intraveineuse directe). Bof ! Ça crépite. Ramonage gratuit dans les bronches. Remplissage aussi. Ça ressemble furieusement à un œdème aigu pulmonaire, appelé vulgairement OAP. Comme RATP, SNCF, TGV, CQFD. OAP qui veut dire en clair qu’il y a une atteinte cardiaque.

J’en réfère au régulateur du centre 15. Voici le résumé in extenso de notre conversation :

« Salut, Taote Serge de Tubuai »

« Salut »

« Poisson pierre. Choc cardiotoxique avec OAP »

« Non ? »

« Si ! »

« Non ? »

« Si ! »

« Non »

« Si ! »

Et hop. Vous enfournez quand c’est bien chaud. Une première en Polynésie. On explose sur les actus. Le buzz.

Encore.

« T’es sur ? »

« Oui ! »

« T’es vraiment sur ? »

« Ben, ouais »

« Non? »

« Si, OAP »

« C’est une première en Polynésie. Quelques cas dans la littérature mondiale.»

Un choc cardiotoxique suite à une piqure de poisson pierre. C’est vrai que ce n’est pas fréquent du tout. Jamais en Polynésie Française. Très rare dans le monde.

Heureusement que j’ai une super équipe.

Julie, déjà citée. Dite Sainte Julie ou Santua Ylia. Basque jusqu’aux chevilles. Râleuse, prête à gueuler, mais redoutable quand la machine démarre. Ne connait pas « La maman des poissons, pierre ». Ses parents sont « Le Père Noël est une ordure ». Nourrie au Nadau : De cap tà l’immortèla et l’encantada.

Olivier, dit Olive ou Pipo, jeune Nîmois, de Tours…jouant au rugby ? Fringuant, bourré de testostérone mais agrémentée de neurotransmetteurs. Bien utiles, les neurotransmetteurs, catécholamines, sérotonine ou GABA en cet instant. Ses parents sont plus Rolling-Stones (Pierres qui Roulent…). Nourri au Sébastien : «Pourvu que ça dure ».

Y a pas de « euh ? ». On fait. C’est tout. On sait faire donc on fait.

Je vous ai dit. Pour la petite, ça roule tout seul. La famille fait des allers et retours entre le dispensaire et la maison avec les bassines. On peut dire que tout baigne. Surtout depuis que Julie lui a titré les doses de morphine.

L’autre baigneur, encore bien jeune, ronfle toujours comme un sonneur. Drôle d’expression qui se traduit en Wallonie par « Doirmi comme in’pire » (dormir comme une pierre). C’est mieux adapté à la situation actuelle. 

premier cas de choc cardiotoxique par poisson pierre en Polynésie Française. Tubuai,Australes, Tuhaa pae

Les constantes cardiovasculaires sont normales. En clair, la tension artérielle reste normale malgré une accélération du rythme cardiaque. Mais cette tachycardie reste dans des valeurs tolérables, 110-120. Comme déjà dit, l’émotion ?

Ce qui est plus inquiétant c’est le souffle de forge que l’on entend rugir de sa gorge. L’oxygène a été mis rapidement de 3 à 6 litres par minute car la saturation en O² est d’abord à 69%. C’est-à-dire en pleine détresse respiratoire.  L’impression de se noyer. Ce qui ne doit pas être évident quand on sort de l’eau. Masque à haute concentration en prime. Les lunettes sont réservées aux petits joueurs. Là, c’est la cour des grands. Finies les billes. Mano et Saturo sont mes nouveaux copains. On se retrouve rapidement à 15 litres/minute. La saturation ne dépasse pas 90-92%. Un fumeur tourne à 97%.

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On tente quand même un milligramme de morphine pour calmer les douleurs. 4 jolis trous de poisson pierre dans la plante du pied. Bien bleus, cyanosés à mort…Le problème est que l’on aggrave la détresse respiratoire avec cette morphine. Donc stop et attente avec l’eau chaude. La xylocaïne en injection locale est difficilement envisageable car la zone est très étendue. A la rigueur, à 1%, sans conservateur et sans adrénaline. Car ça sent la nécrose future. Donc, eau chaude.

Le gros souci est en fait la détresse respiratoire. Plus on met de l’oxygène, plus on a l’impression qu’il en manque. Petit à petit, il nous échappe. S’enfonce dans des râles humides embrumés de lividités gris-perle. Il est évident qu’il va nous falloir autre chose que ce masque à haute concentration. Et c’est là qu’intervient Olivier et sa VNI, pour Ventilation Non Invasive. Nouvel appareil évitant l’intubation trachéale, avec ses risques traumatiques et infectieux non négligeables. Les premières utilisations courantes datent des années 2000. Bien après la fin de mes études. Quant à ma dernière intubation, elle date d’il y a environ 7 ou 8 ans. Je remercie encore le «bébé » du groupe pour cette initiative. Il faut bien sur lire et relire le mode d’emploi. Surtout de l’appareil d’assistance respiratoire, un Osiris 3 Taema. Comment ajuster les constantes, faire les mélanges d’oxygène et d’air ambiant. Olivier se réfère au régulateur du centre 15. Puis au mode d’emploi. Il faut y aller de toute manière. J’essaie de voir si en baissant le débit d’oxygène, le gamin résiste sans désaturer à nouveau. On ne sait jamais. Un mauvais passage. Donc baisse de 3 litres en 3 litres toutes les 3 minutes, jusqu’à 6 litres par minute en notant systématiquement toutes les constantes cardiaques et respiratoires. L’expérience n’est pas satisfaisante. L’oxygène est bien indispensable à la survie.

Donc c’est parti pour la VNI.

premier cas de choc cardiotoxique par poisson pierre en Polynésie Française. Tubuai,Australes, Tuhaa pae

Je dois me préparer à intuber à la volée un gamin qui lutte pour rester en vie. Vérification des laryngoscopes. Les deux tailles disponibles, les batteries et les lames. Je choisis une sonde 7 et vérifie son ballonnet avec 20  cc d’air. Vieux réflexe. Que je double en posant sur la paillasse une autre sonde 7.5, en sécurité. Moments intenses. Qui rajeunissent. Mieux que le botox, l’adrénaline. Gestes maintes et maintes fois répétés depuis une certaine nuit dans les traboules de Lyon. L’anesthésie doit se faire à l’etomidate, hypnotique de courte durée d’action. Date des premières utilisations dans les années 2000: Autant dire que je découvre. J’en appelle au régulateur. 12 mg.

Prélever 2 ampoules de 20 mg/10 ml dans une seringue de 20 ml. On obtient 40 mg/20 ml soit 2 mg/ml. Simple. Puis, intubé, il faut le tenir, vous vous en doutez, avec hypnovel et fentanyl. Aussi simple que ça. Relax.

Les gamins se surpassent. Je dois y arriver moi aussi. Je ne dois pas essayer. Je dois y arriver.

Calculs à la c… et adrénaline à bloc. Le monde s’efface autour de moi. Souvenirs à flots. Rien autour. Plantage impossible.

La mère entre dans le bureau. Elle avait oublié de nous signaler que son petit présente une sorte d’épilepsie et est traité depuis octobre dernier par de la Dépakine. Fluide glacial sur l’échine. Troubles neurologiques possibles avec l’induction anesthésique. Juste à temps. De quoi? Pourvu que la VNI marche.

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Réglage des constantes par Olivier et son livre. Blocage stressant sur l’impossibilité de passer en oxygène pur. Mais le gamin s’accroche et supporte le matériel de ventilation. C’est à ce moment précis qu’il pouvait partir en arrêt respiratoire. Des secondes qui ont compté pour tous les gens présents. A différents niveaux.

premier cas de choc cardiotoxique par poisson pierre en Polynésie Française. Tubuai,Australes, Tuhaa pae

La famille nous demande l’autorisation de pratiquer leur rite religieux. Nous sortons.

Extrême onction.

Chacun son recours.

Olivier est fixé sur le monitoring qui nous donne en continu le pourcentage d’oxygène dans le sang. Le gamin stabilise sous machine aux alentours de 90-92%. Les constantes tensionnelles sont correctes. Fil du rasoir. Surtout ne pas glisser de cet équilibre d’outre-tombe.

Le jeune Olive a réussi. Heureusement. Sinon…

Stabilisation donc. Appel au centre de régulation. Toujours aucun avion disponible. Les enfants sont arrivés vers 14 heures. Nous n’aurions avant 19 heures. Tous les moyens sont engagés. Les militaires ont été appelés à la rescousse.

Troisième cas de piqure de poisson pierre qui arrive. Je rappelle que la piqure de poisson pierre est exceptionnelle ici, à Tubuai. Nous voyons la troisième dans le même après-midi.

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Deux des plages d’Anamoana, à côté de l’aéroport : Les gamins. La dernière au motu Tapapatauai, dit Moturoa. En posant la main dans le sable pour se relever. 40 ans, fumeuse. Une belle piqure au niveau du cinquième doigt.

Rodés. Eau chaude. Perfalgan 1 gramme en IVD lente (antalgique paracétamol : doliprane ou efferalgan). Mise en chambre d’hospitalisation. Une porte ouverte sur l’extérieur lui permet de s’allumer une petite clope.

La petite va bien. Je rentre dans la pièce.

« Tu ne vois pas que je fais pipi ? »

« Oh, Pardon ! »

‘Donc, tu sors. »

Ça va pour elle.

Beaucoup plus tracassés par le gamin. Pas d’amélioration. L’œdème pulmonaire ne nous lâche pas. La douleur ne le lâche pas. Essai de 0.5 mg de morphine en Intraveineuse directe lente. Dépression respiratoire réflexe immédiate. On ne joue pas. Je tente 20 milligrammes de lasilix (diurétique pour assécher les fluides dans les poumons). Répété sans succès 10 minutes après. Impasse totale. Le gamin va bénéficier d’une sonde urinaire à demeure.

Statu quo. Les minutes passent. Lentement. Très lentement.

Le gamin me fait des signes. Avec sa VNI, il ne peut communiquer. Je ne comprends rien à ses gestes. Il demande un crayon. Il vient d’assister à son extrême onction. Nous sommes impuissants.

« C’est quand que je meurs ? » griffonnés

«Ça serait déjà fait, petit.»

Martianne, qui est venue voir le « chantier », est mise à contribution immédiatement. Une quatrième urgence se présente. Plaie entre le 4 et 5 èmes orteils. 6 points. Juste le temps de voir la VNI.

Big chantier. La série « Urgences » au placard. 20 voitures sur le parking. Les équipes médicales au complet en ce début de week-end.

Ça sonne. Pas le monitoring. Le téléphone.

Les militaires arrivent avec un Gardian, biréacteur. Ils seront sur le tarmac à 18h45.

Nous comptons au plus court nos réserves d’oxygène. Les obus sont vérifiés. Il nous faudra partir au dernier moment car l’appareil portatif va être très court. Le brancard de l’ambulance est chargé de tout le matériel d’urgence imaginable. Ce serait bête de plier le môme sur la route. Le chef des pompiers vient proposer ses services. Réserves possibles supplémentaires.

premier cas de choc cardiotoxique par poisson pierre en Polynésie Française. Tubuai,Australes, Tuhaa pae

Julie : Efficacité absolue. Moue des mauvais jours ou plutôt concentration extrême. J’aime. Je la vois évoluer dans son monde, seule. Comme Olivier. Confiance totale dans les deux. C’est confortable.    

Je décide de jouer la montre. Nous nous ferons attendre. Par contre, rien ne doit être laissé au hasard. Tout est vérifié. Julie remet en clair le dossier de suivi de ce mémorable après-midi. Photocopie complète.

C’est bon. L’avion est posé. On y va. Cortège des grands jours. De mariage. Julie et Olivier derrière avec matos complet pour l’un et surveillance des moniteurs pour l’autre. Assis devant avec Sylvain comme chauffeur.

Pro. Très pros. Les médicos nous attendent au portail. Examinent le gamin avant toute question. Je présente le dossier ensuite. Pages blanches. La machine n’a copié que le verso. Julie et Olivier gère le passage avec les militaires. Je reprends de tête toutes les données et administrations de drogues diverses. Sur le capot de la voiture.

Mes jeunes s’installent dans l’avion. La mère de l’enfant aussi. Dans de bonnes mains. Je reste sur le tarmac mais rejoins les gendarmes qui se tiennent à distance des réacteurs qui vrillent les tympans.

premier cas de choc cardiotoxique par poisson pierre en Polynésie Française. Tubuai,Australes, Tuhaa pae

Fin du film pour nous.

Premier cas de choc cardiotoxique par piqure de poisson pierre en Polynésie Française

Nous gardons la petite « poisson-pierre » pour la nuit. Il y a une belle cyanose de deux orteils. Ne me plait pas. Future nécrose ? Le lendemain, nous la laisserons rentrer chez maman.

L’autre piqure de poisson pierre rentre chez elle.

Le Samu téléphonera en pleine nuit pour féliciter le dispensaire de notre prise en charge.

Le service de réanimation est contacté dès le matin. Enfant stable. Œdème aigu pulmonaire confirmé sur cardiotoxicité du venin de poisson pierre. La première en Polynésie Française.

Le gamin sera vu par les chirurgiens pour une suspicion de nécrose au niveau de la plante de son pied (lieu des quatre piqures de poisson pierre).

Finalement au troisième jour, le petit, Pierre ?, passera en pédiatrie. Finie l’assistance respiratoire. Les poumons encore en sale état. Une simple phlyctène sur la plante du pied. Désinfection. Le retour sur Tubuai est envisagé.

C’est rare de bénéficier d’une extrême onction et d’en garder le souvenir.

En tous les cas, avec ou sans la bénédiction de Saint Pierre, le gravage neuronal dans nos petits cerveaux de Tuhaa Pae restera indélébile.

Au fait Alix, Sylvain et leur fille Anaïs ont passé un super week-end. A marquer d’une pierre blanche.

Pierre, pierre, pierre, pierre, pierre, pierre. Petit Poucet.

Merzhin : Pleine Lune: Dernier Soupir

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4 reflexions sur “14 Janvier 2014: Pierre

  1. Thompson Manino

    Vous avez ete formidable sur ce coup la, chapeau j’aurais bien voulu que vous soyez la a taravao pour soigner le papa fa’amu de ma fille decede il y a deux ans a la suite d’une piqure de poisson pierre car pas de suivi, arret cardiaque, un mois apres, toujours pas compris pourquoi il n’y a pas d’anti poison comme en australie pour ces piqures qui peuvent s’averer mortelle, en polynesie ou il y a pas mal de poisson pierre. Pouvez vous m’expliquer pourquoi pas d’anti poison? C’est pas normal. Merci et venez renforcer l’incompetence des urgences de l’hopital de taravao car innefficace et aucun transfert sur taaone.

  2. Chung tien Antoinette

    Pour tout ce que vous avez fait pour sauver Roheiarii, sans oublier toutes les personnes qui ont eu besoin de vous ce fameux samedi après midi. Impossible de trouver les mots pour vous exprimer notre grande reconnaiissance. Merci beaucoup beaucoup beaucoup et encore beaucoup de beaucoup. MAURURU ROA.

  3. Menager jean-luc (labo Astra)

    Hello Serge. A la vue de qq photos, tu as fait le bon choix!!!
    En direct des Mages ta succession se passe bien, Cécile s’éclate avec ton ancienne patientèle. Comme quoi….
    Bises

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