Australes

31 Mars 2014: plainte

31 Mars 2014 : Plainte 

Sexy Sushi : Marin

Téléchargement de « The Peel  session » Pink Floyd, 1970. Y’en a qui étaient même pas nés…

Donc, je vous avais abandonné vers le jeudi 27 mars dernier. Les rumeurs vont bon train, enflent et grondent au lointain. Je suis à cent lieues de pouvoir imaginer leur pouvoir dévastateur. L’effet napalm.

Ce jeudi, confirmation du passage d’Attila et de ses hordes. La politique de la terre brûlée. Le point de non retour. La crémation assurée.

Robert Luisen, tuteur d’un mineur du collège de Tubuai, m’accuse ouvertement d’attouchements sur les jeunes garçons désirant faire du va’a (pirogue). J’échangerai le certificat contre des caresses. Les faits remontent au 19 février dernier.

Ce Robert Luisen est le représentant sur l’île de Tubuai du ministère de la Jeunesse et des Sports, grand ami de l’infirmière avec qui je me bats depuis cinq mois. KO debout. Ravages garantis. Fin de carrière.

Je décide de porter plainte pour diffamation.

William, gendarme et polynésien. Fort de ses tatouages affichés sous un marcel délavé. Refuse de prendre ma déposition.

« De toute manière, tu t’en vas ? »

« T’es qu’un gros pédé. Et le gros pédé, il va prendre ma plainte. »

« Non, ça sera sans suite. Tu t’en vas. »

« Tu préfères le procureur ? Gros pédé. »

« T’as pas à me traiter de gros pédé »

« Moi, non plus. Je ne suis pas un pédophile »

« Bon, je vais arranger ça. Pas besoin de plainte »

Et il s’en va. Sans mot dire. Et reviens dix minutes après.

« Il n’est pas chez lui. »

« On le sait. Il séjourne à Papeete cette semaine. »

« Je vais l’appeler au téléphone pour calmer et éviter une plainte. On ne va pas le déranger avec une affaire pareille »

« Allo. Tu vas bien ? Y a le Taoté qui veut porter plainte contre toi. Et il a des témoins. Ces gens se nomment………. Et ……….. Qu’est-ce t’en pense ? »

« Il a pas à toucher les couilles des garçons »

« Hein, Taoté ? Dis lui que c’est ton métier de toucher les couilles. Tu le fais tous les jours. C’est vrai. C’est ton métier. » 

Je lui demande la confirmation de la date de la consultation. 19 février 2014. Je n’étais pas là, errant sur l’île de Moorea, formation oblige.

Mataura, Tubuai, Australes, Polynésie Française

« Accessoire. Ça veut rien dire. Je suis sur que c’est lui. »

Je n’ai jamais vu ce Robert Luisen et encore moins son fils. Les preuves sont dans le carnet de santé du gamin. A cette date, un autre médecin occupait mon poste. Mais William s’en contrefout.

Défense facile avec preuves pour ma plainte en diffamation.

« Tu portes plainte contre lui car il a refusé de signer la pétition faite pour te garder ? »

Cette remarque signe mon départ. Sans regret aucun.

Trois heures après, je quitte les lieux avec le récépissé du dépôt de plainte.

Je reprends mes consultations. Les dossiers se sont accumulés, comme les griefs.

Je suis ensuite absorbé par la préparation de mon Tamara’a, festin qui sonne mon départ définitif. Environ 50 personnes dont une vingtaine d’enfants. Mi polynésiens, mi métro.

Je décide de montrer la plainte à la direction de la santé et aux subdivisions concernées. Au grand dam de Julie et Raymond qui me conseillent de faire profil bas. Je n’ai pas l’intention de plier. Même un seul genou. Il y aura probablement enquête administrative donc suspicion.

Période d’incertitude. Je remue surement un peu trop. Deviens gênant. A éliminer ?

«Tu sais. J’ai eu la même chose. De Tini. Qui a critiqué mes mœurs. On s’y fait. » Subdivision des Australes.

« Bon courage. Je comprends bien mieux maintenant ton désir de quitter Tubuai » Directrice de la Santé.

William en grande tenue, ce matin. Plus de marcel. Il a besoin de quelque chose.

« Bonjour, Taoté. Il faut changer les dates de consultations du 19 février. Ça ne correspond pas. »

Evident, mon cher Watson. Je dois falsifier les preuves de ma bonne foi pour éteindre la plainte contre Robert Luisen. Son cousin.

Puis par deux fois, le mari de Patricia, la sub-divisionnaire. J’en ai oublié son prénom.

« On a perdu tous les certificats du 19 février. C’est important pour nos licences sportives. Il faut les refaire avec ton nom, ton tampon et une date de cette semaine. »

Bien sur.

« Le médecin qui a fait ces consultations revient le 4 avril. Dans trois jours. Il faudra lui demander. »

« Ah, non ! C’est ta signature qu’il nous faut. »

Je dois en plus fournir la guillotine.

Rideau. Content de quitter ce panier de crabes.

Il n’y aura personne pour mon départ à l’aéroport sauf la bande de médicos.

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