Australes

12 décembre au 4 Janvier 2014: Solitude

Solitude de fin d’année

Timewind de Klaus Schulze, Grand Prix de l’Académie Charles-Cros en 1975.

Solitude. Ça fait réfléchir. Comme un retour de mission à Rapa Iti. Où est l’isolement ? La solitude n’est pas postée dans le lieu le plus évident. Je vais faire un essai ce week-end. Nous sommes le vendredi 3 janvier 2013. Tout le monde a disparu en début d’après-midi. Je n’ai plus vu personne.

Solitude. Il y a un mois, on mangeait les uns chez les autres. Disparu.

Disparu comme beaucoup d’illusions.

Rapa Iti, Australes,Tubuai, Polynésie française,solitude

Mon dernier article remonte au 11 décembre dernier. Pratiquement un mois. 3 semaines exactement. Solitude aussi

Je me suis déchiré les muscles de l’épaule gauche le vendredi 12 décembre au soir.

Soirée organisée pour mon départ. Avec moult danses et « Cosmos » (Komo puaka, alcool fait à base de levure fermentée, alcool pur). Nous avions une réserve de 8 litres d’alcool….

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La soirée s’est faite en partie au son et tambours des Fabulous Trobadors.

Paroles de la chanson Oiaiaia :

Soi pas qu’un paure trobador

Un cantador de pompidor

Un rabalaire violonaire

Mas cançons valon pas gaire

Mas cançons valon pas pron. 

Ce tempo endiablé, satanique parfois, n’est pas sans rappeler certaines fêtes tribales. Les jeunes Rapanuis ont très vite apprécié la syncope rythmique et encore plus vite appris à danser un haka polynésien. On aurait pu se croire à quelque messe orgiaque offerte à Aphrodite ou Neptune. Les deux doivent régenter Rapa Iti.

Les soucis ont commencé dans la nuit. Douleur de perceuse sur la face antérieure de l’épaule gauche. Comme si quelqu’un essayait de creuser dans l’os (bon, ça m’ai pas arrivé souvent et je connais peu de gens qui ont vécu cette expérience). Disparus les vapeurs endiablées, les œillades langoureuses, les frétillements animaux. Race anadrome, ces Rapanuis ? Comme les saumons ? Solitude présente

J’avais plutôt l’œil et le poil de l’ours aux premières lueurs du jour. Quand le rai de lumière sert de scalpel sur une épaule bloquée. C’est l’avantage de vivre à côté du dispensaire. Il n’y a pas que l’accès à Internet par la voix de Jeanne d’Arc, surnommée WIFI à notre époque. Il y a aussi une réserve d’anti-inflammatoires et d’antalgiques. Je préfère un bon café à l’italienne, concoctée dans une cafetière en alu, à l’ancienne. Mais, là, un petit Voltarene, accompagné d’un ravissant et délicieux Dafalgan-Codéiné… J’ai apprécié. Seul sur ma chaise, le coude posé comme au comptoir. Vieux souvenirs des livreurs bordelais sur le Cours de la Marne à Bordeaux : Huitres et vin blanc à l’heure des croissants. Disparu, le martyre ? que nenni, braves lecteurs. Aucune efficacité. Gilles arrive enfin. A l’heure et même avant. C’est sa singularité. On ouvre à 7h30. Il râle mais commence les premières consultations à 7 heures.

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Et une petite perfusion pour fêter nos retrouvailles. On a quand même l’impression que, ce matin, les cheveux poussent vers l’intérieur. Impression partagée car l’humour de Gilles est aussi pâteux que les blagues de potache. Disparue la cadence des consultations. Gilles est seul à assumer. Je suis couché sur mon divan d’examen avec un bon cathéter. Nous avons ainsi révisé l’anatomie de mon bras droit :

Veine médiane du coude en premier

Veine céphalique antébrachiale ensuite

Veine médiane antébrachiale et arcades veineuses de la main pour finir.

Un régal. Mes veines pètent, roulent, font des conneries. Et moi, qui n’aime pas les piqûres !

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Deux à trois fois par jour selon les besoins. Solitude. Longs moments de solitude. A regarder les larmes chimiques s’insinuer au milieu des globules rouges. Disparu le mal ? Eh, non !

Impossible d’utiliser l’autre bras. Immobilisé coude au corps, comme dans les annales de secourisme. Solitude, solitude…

Je conseille à Gilles de garder son rythme de travail. Il peut rentrer chez lui se reposer. Il n’est pas difficile pour un vieux professionnel de changer les flacons et de se faire les cocktails avec une seule main Même si c’est la gauche. En plus, le travail augmente. Les consultations sont de plus en plus nombreuses. Je suis à la traîne, avec mon pied à perf qui me sert de canne. Au grand étonnement de la population. Je ne peux pas laisser mon pote Gilles dans la mouise. On s’est bien marré la veille. On partage les pots cassés la journée.

Le samedi soir, Alix nous fait manger. Comme une bonne mère s’occupe de ses petits. Encore merci. La nuit fut longue, très longue. Solitude, solitude. Les perfusions sont peu efficaces. La douleur se calme maintenant pendant 2 à 3 heures au lieu des 5 escomptées. Je ne sais plus quoi faire. A partir de cette nuit, je n’ai pas du enchainer deux heures de sommeil. Ça vrille, ça triture, ça visse et dévisse là dedans. Dimanche, je laisse Gilles aller à sa messe catholique. J’ai mal !!!! Solitude. Je l’appelle pour lui dire que je me sens d’assumer seul les urgences au dispensaire. C’est Dimanche après tout. Ça m’apprendra à dire des jurons. Solitude, solitude, solitude.

Peu de monde. Je change les perfusions d’une jeune patiente sous les regards ahuris de la famille. J’ai autant de tubes branchés sur mon bras que leur protégée. J’en casse un flacon en allant à la pharmacie. Heureusement c’est un de mes flacons de  Perfalgan qui vient de se terminer. Il était de plus en dérivation donc pas de soucis. A part qu’Alix s’est portée volontaire le soir pour nettoyer le sol de la pharmacie. Une perle… Encore merci à toi.

Gilles est revenu. De sa messe et de sa sieste. Reposé. J’en suis content. Il en a chié lui aussi.

J’essaie les corticoïdes car il ne reste qu’un seul flacon de Profenid injectable pour tenir 5 jours. Et il en faut au moins deux par jour. J’ai passé toutes les réserves de l’île dans mes veines. Aucune efficacité. A 4 heures du matin, j’appelle, désespérée le centre 15. Vont-ils me proposer un retour en hélico ? Je le souhaite intensément. Le régulateur me recommande d’abord de prendre de l’Acupan. Je n’y ai pas pensé. Je crains ce produit depuis que, pour une première utilisation, la patiente m’a fait 15 minutes de coma profond. Quelle bonne idée donc de retenter. Sur moi. Pharmacie. Chemin bien connu depuis de longues heures. Pas plus d’acupan que de confiture ou de quenelles lyonnaises (j’en rêve dans un bouchon). Le temps des cocktails va commencer. Le plus spectaculaire est le Valium mélangé avec du paracétamol. Je l’utilise comme décontracturant musculaire puisqu’il est ainsi prescrit par des confrères rhumatologues.  Solitude, solitude, solitude!

Je n’ai toujours aucune nouvelle de ma direction concernant les suites de mon esclandre du 15 novembre dernier. Cela fait un mois de silence total. Malgré mes appels. Disparu à Rapa. Je me décide à en parler au maire de Rapa qui me reçoit loin des oreilles et des yeux indiscrets. Dans un bureau très confortable avec une partie fumoir. Quelques coups de téléphone seront donnés.

Le bateau est annoncé pour lundi matin. 300 personnes vont débarquer. C’est la migration de l’année. Les collégiens de Tubuai et de Papeete réintègrent leur tribu. Ils en doublent la population. Qui va faire la fête pendant ce mois de vacances du bout du monde. Les adolescents ne reviennent que deux fois par an : Noël et été. Les festivités des Rapanuis sont calquées sur ce planning.

Un malade est annoncé à bord du Tahiti Nui. J’appelle le dispensaire de Tubuai. Zika, oui. Dengue de Tahiti probable. Mais pas de transfert de malade.

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Le bateau est à quai. Quai bondé. Il ne manque que les bœufs sauvages. Nous partageons le travail. Je reste avec les pompiers qui accueillent la malade. Gilles va s’occuper du ravitaillement du dispensaire, de la réception et de l’installation de l’infirmière et de son mari, Sam.

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C’est ainsi que je fais connaissance avec Lovigna Aro, infirmière itinérante. De la bouteille. D’un calme. D’une gentillesse qui se lit sur son visage. Elle décide de prendre en charge la grand-mère qui débarque en fauteuil roulant. Peu de curieux. Le spectacle est ailleurs. Retrouvailles de famille. Embrassades et accolades.

Nous voici donc rapidement au dispensaire. 2 crises d’épilepsie pendant le trajet de Tubuai à Rapa Iti. Sortie du centre hospitalier. Simplement sous dosée en dépakine. Par contre, impressionné par la capacité d’adaptation de la nouvelle infirmière. La totale : ECG, dextro, perfusion. Sans connaitre les lieux. De plus parle en tahitien. Ce qui rassure la famille.

La subdivision administrative me propose un rendez-vous pour le jeudi 19 après-midi. On fait quoi en bateau ?

Dans la soirée, nous pouvons rendre la mémé à ses proches. Enfin la fête pour eux. Le repos pour nous.

Les filles se retrouvent dans mon logement à cuisiner des légumes pendant que les garçons font cuire des cuisses de poulet dans le logement de Gilles. Je passerai la nuit dans ce logement, laissant libre l’autre maison pour le couple d’arrivants.

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Le matin de ce mardi, nous savons qu’il va falloir décrocher assez tôt. Le capitaine est prêt. En 50 heures, nous aurons rejoint Papeete. Je préviens le centre 15. Je serais dans l’ambulance avec les deux jeunes malades que nous allons « évasanées » avec nous. Avec un peu de chance nous y serons vers midi ce qui me permettra d’honorer le rendez-vous avec la directrice de la santé.

Une cabine pour 4 avec deux couchettes. Donc matelas au sol et ticket pour la douche. Partage de films que l’on regarde jusqu’à vider les batteries de nos PC portables, non rechargeables à cause des prises américaines de ce navire. Je suis comateux. Sous Valium et dafalagan codeiné, les filles peuvent se déshabiller sans crainte. Nous vivons ainsi à trois dans 10 m². Gilles préfère rester sur don siège au pont inférieur. Il régale la compagnie avec ses accords de guitare. L’infirmerie du bateau stocke surtout du matériel. Les deux malades sont installées sur des fauteuils comme tout un chacun.

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Il est enfin jour. Je découvre la baie de Papeete. Le quai est animé. Retour à la civilisation : cris, ronflements de moteur, camions, transpalettes, grues. Du silence au bourdonnement : 2 jours de voyage.

Rapa Iti ? Un rapport sado-maso. Souffrance solitaire, douleur infernale, attirance irrésistible, retour espéré. J’apprendrais ensuite qu’Alix va se fracturer le pied quelques jours plus tard. Cela augmente notre envie de continuer cette découverte, d’arpenter ces territoires inhumains, de replonger dans cette ambiance communautaire.

Je laisse Gilles retrouver sa famille et Alix récupérer son matériel de cuisine. L’ambulance nous attend.

Urgences du CH. 2 malades accompagnées par leur médecin. De Rapa !!! C’est pas tous les jours.

Mes filles refusent de rester dans la salle d’attente. Sauvageonnes, elles retournent sur le parking. Il faudra aller les chercher quand ce sera leur tour. Pour moi, direction la radio. L’urgentiste confirme ensuite l’atteinte des tendons de la coiffe. Perte totale de la mobilité du bras (épaule gelée) et disparition du galbe du deltoïde. Pas d’échographie car on est en salle d’urgence donc on pare au plus pressé. Morphine et immobilisation, vraie, coude au corps, pendant un mois. Suite à voir. Selon mon grand âge…

Je téléphone à mes relations de Rapa Iti pour les prévenir que je serai à l’heure à la direction de la santé. Je suis donc devant la secrétaire à 16h25. 5 Minutes, bras en écharpe. Café offert. Madame la directrice n’a pas eu le temps de me prévenir qu’elle ne pourrait pas être là. Une réunion ministérielle imprévue. La secrétaire me pose poliment quelques questions pendant que je remue le sucre dans la tasse de café. Que je savoure lentement et avec délice. Finalement la directrice s’est libérée et sera à l’heure pour notre rendez-vous… Merci Rapa !

Je lui confirme bien que ma période d’essai se termine le 31 décembre qui vient. Aucune décision n’a été prise de façon officielle. «Mais, vous avez raison, Docteur… » La proposition est de déplacer l’infirmière du service de soin au service de prévention. Cela me semble honnête. Je lui confirme que pour assurer une fin de carrière honorable à cette fonctionnaire, je vais retirer ma plainte.

Alix me récupère avec sa voiture, encore plus poquée que celle de Laudine. Je découvre le paradis dans lequel elle habite. Un rêve éveillé. Mais surtout un choix de vie. Enfin je vois sa fille et discute avec son mari dont elle m’a tant parlé. Soirée sympa. Bon sommeil. Squat du lit de sa fille et de la salle de bain attenante.

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Vendredi matin. Aéroport Faa’a. Retour à la maison dans deux heures. Je quitte avec regrets ma charmante hôtesse.

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Callas : Opera Arias.

2 chemins ensuite pour expliquer la situation actuelle.

Le travail : J’ai donc repris le travail l’après-midi même. Les journées se sont enchainées sans variation de teinte. Grises. Je reçois le relevé d’activité annuelle de chaque île dont je suis responsable en tant que médecin chef de l’archipel des Australes. Rurutu annonce plus de 60 000 actes. A savoir que le CH de Papeete donne comme chiffres pour 2011 :

1 297 SMUR 483 évacuations sanitaire aériennes inter-îles médicalisées. 42 245 passages aux urgences.

Pour 1.397 postes budgétaires répartis en 67 métiers.

Il va falloir revoir nos besoins en personnels sur cette île de 2300 habitants.

Mon rapport est publié: https://independent.academia.edu/SergeBillardBaltyde

Les jours passent sans nouvelle de ma hiérarchie. Seule, la subdivision des Australes a réagi. J’ai reçu une copie d’un mail adressée à la directrice de la santé stipulant le refus catégorique de voir cet agent déplacé au service prévention. Nos bureaux sont distants de 50 mètres. Par contre le dimanche 29 décembre au soir (décalage horaire oblige), je reçois un mail de Wallis et Futuna. En pièces jointes, je découvre mon plan de vol et mon contrat de travail. Début professionnel à Futuna le 13 janvier 2014.

Lundi 30 au matin, j’appelle la directrice de la santé. Après quelques paroles « bien senties » du style : « Nous sommes dans une impasse. Nous pouvons nous aussi mettre un terme  à votre contrat… », je lui donne jusqu’au lendemain pour réagir. Je lui envoie un mail avec les propositions de la DRH de Wallis (en particulier 39h assurées et un salaire x 1.5). Et hop Merci Rapa ! Appelé dans la foulée avec fax du contrat de Futuna. Le lendemain matin, j’ai une réponse écrite de Madame la Directrice. Nous sommes le 31 décembre. On ne peut pas faire plus « short ». Je décline donc comme promis les propositions de la DRH de Wallis et Futuna.

L’ambiance : Je pense que mon séjour à Rapa Iti a modifié ma perception de la vie en société. Le handicap physique quotidien et l’utilisation anodine de morphine ont majoré cette altération. Mais comment pendre une machine de linge avec une seule main ? Comment aller faire ses courses à pied avec une seule bretelle de sac ? Déjà couper la viande… Comment remonter le moral d’une infirmière qui craque dans ce fameux dispensaire de Rapa la nuit du réveillon sans lui téléphoner régulièrement, utiliser Facebook et laisser tomber les cotillons ? J’ai tenté d’aller à la plage un dimanche après-midi. 30 minutes de marche (maximum autorisé pour être joint), 15 minutes de baignade sur le dos, 30 minutes de retour = 70 mg de morphine. Je ne suis surement pas marrant. Je m’en aperçois dans certaines de mes réponses. Ca fait fuir. Personne pour nettoyer la maison après les fêtes de Noël sur ma terrasse. Quoique, j’étais de garde. Ça m’a occupé.  Seul Olivier, le petit nouveau, est passé débarrasser la terrasse. Et je n’ai pas l’habitude de demander.

Je suis allé m’assoir sur le ponton de la mairie en fin de matinée. Une polynésienne m’a offert des litchis.

Julie est passée boire le café en ce samedi après midi. Ce soir, ils organisent un petit repas dans la maison d’Olivier, juste en face de mon logement. Son père a de gros ennuis de santé. Olivier est rentré en urgence sur Papeete. Le chien s’ennuie. On va lui tenir compagnie. Je décline l’invitation de Julie. Je laisse au chien sa solitude.

Camille : « Le Fil » : ( Pour cet album, Camille obtient plusieurs récompenses, dont le Prix Constantin, en 2005, et la victoire de l’album révélation de l’année aux Victoires de la musique 2006.) Ta douleur :

Lève toi c’est décidé

Laisse-moi te remplacer

Je vais prendre ta douleur

Doucement sans faire de bruit

Comme on réveille la pluie

Je vais prendre ta douleur

Elle lutte elle se débat

Mais ne résistera pas

Je vais bloquer l’ascenseur…

Saboter l’interrupteur

Carmina Burana de Carl Orff. Parmi ses autres œuvres, Antigonae (1949) qui, sur le texte de Sophocle (traduit en allemand par Hölderlin), cherche à retrouver la dimension de la tragédie grecque. La dernière grande œuvre de Carl Orff est l’opéra-oratorio De temporum fine comœdia (1973). De  » temporum fine comedia » qui veut dire « la comédie de la fin des temps ». Solitude de la vieillesse?

J’ai promis à une patiente prénommée Antinéa de lui procurer « L’Atlantide » de Pierre Benoit. Le livre reçoit le Grand prix du roman de l’Académie française en 1919.

Comme quoi, on peut encadrer un article, de peu de valeur, par deux grands prix.

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4 reflexions sur “12 décembre au 4 Janvier 2014: Solitude

  1. hervé+et+dominique

    Courage…. J’espère que la douleur s’atténue un peu quand même et que le moral au contraire se renforce ?…. Bisous de nous deux et à bientôt sur Skype ?

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