Australes

7 octobre 2013: Taote

Taote Serge

 

Lundi 7 Octobre : Saint Serge…

Bonjour Taote (prononcer Toté), bonjour docteur

Rendez-vous était pris pour 7h30, heure d’ouverture de l’hôpital.

La première arrivée est Naomi qui distribue des tickets dans l’ordre d’arrivée. Puis vérifie le poids des patients et sort leur dossier médical.

« Bonjour Taote, tu attends Daniel ? »

Daniel est un homme d’entretien qui s’occupe de beaucoup de choses. On file à la gestion du personnel. Luna est là.

« Bonjour, Taote, voici tes numéros de CPS (sécurité sociale de type CPAM française donc n° SS) et d’identification auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins de Polynésie. »

Ces deux codes vont être indispensables pour les quatre années d’exercice comme médecin territorial. Les tampons seront adaptés. Comment économiser quand les médecines restent entre trois et six mois ? Le record de durée est de 3 ans au début des années 2000. Alors pour une fois que l’un d’eux a l’intention de rester 4 ans!

Luna m’explique ensuite les récupérations dues après semaine d’astreinte, les congés annuel et les indemnités spéciales pour exercice isolé. Complexe pour quelqu’un qui a toujours travaillé à son compte. Mais de réputation Luna arrive à bien gérer les difficultés administratives des médecins, et son bureau n’est pas loin.

Daniel m’emmène ensuite dans son bureau où je retrouve Ghislaine, comptable des lieux. La discussion dérive sur l’histoire de l’île. Daniel en est féru. Il m’explique le tout début, les premières bases.

L’île de Tubuai a une forme de tête humaine, nez tourné vers Tahiti. La plupart des noms de lieux dérivent de cette constatation. Ainsi Mataura veut dire « œil rouge » du tahitien Mata = œil Ura = rouge (prononcer oura en roulant les « r ».

L’aéroport se trouve au niveau de la langue donc moyen de communication. Assez étonnant. Coïncidence? Il semble que non. A creuser. Daniel promet d’être un bon professeur. On parle bien entendu des marae, lieux de culte. Ces sites archéologiques sont la plupart du temps situés sur des terrains privés et éloignés de la route. L’accès ne peut se faire qu’accompagné par un guide.

18h13. La pluie se met à tomber violemment. Il a fait un temps couvert et lourd toute la journée. La décharge avec coups de tonnerre en prime. Mon premier orage. J’ai laissé mon tee-shirt, lavé de ce matin, sur l’étendage. Les toitures n’ont pas gouttière. Rideaux de pluie qui ornent la terrasse.

Après le service comptable, Daniel me transporte en voiture jusqu’à la mairie.

« Bonjour Taote ! »

Je passe par le rez-de-chaussée.

État civil à gauche pour préparer le certificat de résidence sur présentation du passeport et de la carte d’identité nationale.

Service des Eaux à droite. Ouverture d’un compteur d’eau et abonnement. On paie la facture tous les deux mois.

On monte au premier étage. Rencontre avec Teoroura Ioane, 3ème adjoint de la mairie.

« Bonjour Taote »

Après présentation et vœux, signature du certificat de résidence.

On repart, en voiture.

La pluie s’est arrêtée aussi rapidement que venue. 18h26

Toutes les démarches se font en voiture. Les distances sont parfois d’une centaine de mètres.

Daniel ralentit devant le bâtiment de l’EDT (EDF). Fermé

Voici la poste OPT.

« Bonjour,Taote ! »

Je passe, avec mon certificat de résidence, pour :

Ouvrir une ligne de téléphone fixe

Avoir une connexion internet ManaBox à 1 Go (maximum)

Obtenir une boite postale. Il n’y a pas de distribution de courrier à priori sauf en cas de colis.

Tout sera prélevé automatiquement sur mon compte à la banque de Tahiti. La préposée me conseille de modifier l’intitulé de mon relevé d’identité bancaire en donnant ma nouvelle adresse. Donc,de ce pas, ou plutôt en voiture, nous repartons.

Arrêt à l’EDT toujours fermée. On découvre que les bureaux sont fermés le lundi.

Sur la même place se trouve une autre épicerie.

« Bonjour, Taote ! »

Présentations faites au pasteur.

Daniel m’apprend qu’il s’est retiré de ses engagements publics, clubs sportifs et autre, pour devenir diacre. La religion semble être un maillon essentiel de la cohésion du village.

Attente à l’entrée de la Banque de Tahiti.

« Bonjour, Taote ! »

Les gens m’interpellent et sont ravis d’apprendre que je reste 4 ans chez eux. Ils me parlent en français, échangeant des remarques en tahitien. Ici, il n’y a pas de ticket mais chacun sait après qui il sera appelé.

Le receveur va modifier mes coordonnées, après examen de mon certificat et de mon passeport. Le chéquier n’est pas arrivé.

On ressaute dans la voiture pour filer à la subdivision administrative des Îles Australes. Je dois me présenter pour une « visite de courtoisie » au représentant officiel de l’état polynésien.

« Bonjour, Taote »

En attendant, on va déranger les chefs de service : foncier et cadastre. Toujours aussi intéressés par les quatre ans.

« Bonjour, Taote ! »

Madame le « Préfet » nous reçoit dans son bureau. Cela fait drôle d’utiliser le tutoiement. Je ne sais pas si le vouvoiement n’existe pas dans la grammaire polynésienne, à l’instar de l’Angleterre. Enfin, bizarre, et parfois gênant.

Je me surprends à lui répondre « Tu ».

Un double meurtre a été commis dans l’île. La population est sous le choc.

Une réunion des principales instances a eu lieu récemment.

Je dois donner mon point de vue sur deux cas signalés. La responsable me tend les dossiers et attend mes conclusions. Test ?

Restons simple et clair sans s’imposer. Les conseils devront peut être servir pour la décision finale qui se prendra au niveau du ministre de la Santé.

Retour à la maison. Il est midi. La réunion des professionnels de santé débute à 13h.

Tomates et cassoulet.

« Bonjour,Taote ! »

Chacun se présente. Personnels soignants, libéral ou fonctionnaire. Échanges sur les procédures, l’articulation entre le privé et l’hôpital. Raymond, le médecin, dirige la manœuvre. Les barrières sont bien délimitées. Le cadre est accepté par tout le monde. Cette réunion se fait tous les lundi après-midi. Cela permet de désamorcer les sous-entendus.

Visite plus détaillée du centre de santé. Raymond me sert de guide : fonctionnement de l’appareil de radiographie, automates de tests sanguins : Troponine et hémoglobine, en particulier, que nous ne connaissons pas en France, moniteurs de surveillance pour la salle de réanimation, etc…

A 16h, fin de la journée.

Je pars acheter des bières pour le soir. En effet, depuis mon arrivée, Laurence et Raymond m’invitent systématiquement. Je vérifie mes dernières photographies, ayant réussi à prendre les merles.

Je suis donc devenu le Taote Api (nouveau médecin).

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